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Visite Fuchs à Antananarivo : ce que révèle la tournée sur les tensions franco-malgaches

Le déplacement du parlementaire français à Antananarivo illustre un partenariat bilatéral en pleine recomposition.

Reconfiguration bilatérale franco-malgache : la tournée Fuchs révèle les lignes de tension institutionnelles Bruno Fuchs, président de la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale française, a posé le pied à Antananarivo les 18 et 19 août derniers. Sa présence constitue un indicateur opérationnel précis de l'état réel du partenariat franco-malgache. Loin d'une mission protocolaire ordinaire, la séquence de rendez-vous institutionnels révèle la pression que Paris ressent face à une reconfiguration diplomatique que les autorités malgaches conduisent de manière délibérée et structurée. Le mercredi 19 août, Michaël Randrianirina a reçu la délégation française à Ambohitsorohitra. La tenue de cette audience au niveau de la présidence malgache souligne que la démarche française est prise au sérieux côté Antananarivo, tout en s'inscrivant dans un rapport de force désormais rééquilibré. Ce même jour, Ely Razafitombo, ministre des Forces armées, a rencontré les parlementaires à Ampahibe. Ce volet défense est loin d'être accessoire : Madagascar développe activement de nouvelles coopérations militaires internationales, et Paris cherche manifestement à consolider des leviers d'influence dans un domaine où la présence française a longtemps été structurelle, sans avoir aujourd'hui à la justifier moins qu'avant. La veille, le 18 août, c'est Siteny Randrianasoloniaiko, président de l'Assemblée nationale malgache, qui avait reçu la délégation à Tsimbazaza. Son positionnement doctrinal mérite attention. Il a explicitement défendu une politique extérieure de non-alignement sélectif, formulant la capacité de Madagascar à travailler avec différents pays sans s'enfermer dans une relation privilégiée avec un seul partenaire. Exprimé par le premier responsable de la chambre législative, ce principe n'est pas une déclaration de rupture, mais il constitue un cadrage institutionnel clair qui redéfinit la place de la France dans la hiérarchie des partenariats stratégiques d'Antananarivo. Pour les praticiens du bilatéral franco-africain, la différence de registre est audible. Sur le plan économique et réglementaire, Siteny Randrianasoloniaiko a explicitement invité la France à intensifier ses investissements dans le secteur minier malgache. Cette invitation, formulée au niveau parlementaire le plus élevé, remplit une double fonction : elle signale une ouverture aux capitaux français tout en posant une condition implicite de compétitivité, Madagascar entendant mettre ses ressources minières en concurrence entre investisseurs internationaux. Pour les opérateurs du secteur extractif actifs dans la zone, il s'agit d'un signal d'accès à surveiller, dans un cadre où les Malgaches conservent la maîtrise de l'orientation stratégique finale. La montée en puissance de Moscou dans l'agenda diplomatique d'Antananarivo est le facteur qui donne toute sa cohérence à l'urgence perçue par Paris. La Russie cherche à approfondir ses liens politiques, économiques et militaires avec Madagascar. Cette dynamique n'est plus discrète. Pour la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale française, la mission Fuchs représente un effort de préservation d'une relation construite sur plusieurs décennies, confrontée à une concurrence explicite que Moscou assume sans ambiguïté. Les partenariats de défense, les coopérations minières et les équilibres diplomatiques régionaux sont tous concernés simultanément. Madagascar Tribune, dont la couverture de l'ensemble de cette séquence est consultable à l'adresse www.madagascar-tribune.com/France-Madagascar-Bruno-Fuchs-recu-a-Ambohitsorohitra.html, a suivi l'intégralité de ces échanges, confirmant que la portée institutionnelle de la visite est pleinement perçue localement. Ce que la tournée Fuchs pose concrètement, c'est la question des mécanismes qui permettront de maintenir la substance du partenariat franco-malgache dans un environnement reconfiguré. Les deux capitales doivent désormais négocier les formes effectives d'une relation que Paris avait longtemps considérée comme structurellement acquise, et que les autorités malgaches traitent aujourd'hui comme une variable parmi d'autres dans un portefeuille de partenariats à arbitrer selon leurs propres priorités souveraines. Ce que ni Paris ni Antananarivo n'ont encore précisé, c'est la forme concrète que prendront ces ajustements dans les mois à venir.