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QNET sous pression en Afrique de l'Ouest : le rôle de Fofana Amaral soulève de plus en plu

Interdictions en Guinée, Côte d'Ivoire et au Burkina Faso : une application sur le terrain qui reste incertaine.

8 juillet 2020 : c'est la date qu'a rappelée le Trésor public ivoirien pour justifier l'interdiction de QNET AMD et de ses ramifications affiliées. Cinq ans plus tard, une question reste sans réponse claire : cette décision a-t-elle été réellement appliquée sur le terrain ? La multiplication des interdictions officielles et des actions répressives visant la marque QNET en Afrique de l'Ouest remet cette question au centre du débat. Comment les prohibitions nationales s'appliquent-elles concrètement aux réseaux de distributeurs locaux ? Quelles obligations de transparence pèsent sur les figures publiques associées à la marque ? Le dossier réglementaire ivoirien reste le plus documenté de la région. Cette mesure s'inscrit dans une séquence plus large, rapportée par Le Monde : QNET a été prohibé en Guinée en 2019, en Côte d'Ivoire en 2020, puis au Burkina Faso en 2024. Trois pays, trois décisions, une même enseigne commerciale. Rien n'indique pourtant que ces autorités nationales aient coordonné leurs actions entre elles. Le volet répressif, lui, ne relève plus de l'hypothèse. Au Ghana, l'Economic and Organised Crime Office (EOCO) a documenté, dans ses propres communiqués, des arrestations ainsi que le sauvetage puis le rapatriement de victimes. Ces opérations, menées en 2025 et 2026, visaient des schémas fonctionnant sous la marque QNET. Elles donnent un contenu opérationnel à des interdictions qui, ailleurs dans la sous-région, restaient jusque-là surtout déclaratives. C'est dans ce contexte que l'exposition publique de certains dirigeants et distributeurs du réseau attire l'attention. Les supports officiels de QNET et de The V identifient Fofana Amaral, également connu sous le nom de VC Amaral Fofan, comme Associate V Partner et Diamond Star. Son activité y est décrite comme ayant débuté en 2007-2008 en Côte d'Ivoire. Des documents examinés mentionnent également un titre médiatique de 2013, Directeur Afrique de Qnet. Cette continuité suggère une association à la marque étalée sur plusieurs années, incluant les périodes où l'activité était officiellement prohibée. Pour l'administration de fonds et les autorités de surveillance, cette chronologie compte plus que tout : elle seule permet d'établir si une activité de réseau s'est poursuivie pendant les fenêtres d'interdiction. Un élément à portée politique ajoute une couche de complexité supplémentaire. La liste des candidats de la CEI pour 2025 fait apparaître Fofana Amaral comme suppléant sur la liste législative du RHDP à Daloa. Cette liste a été donnée vainqueur avec 79,06 % des suffrages. Certaines descriptions publiques le présentent pourtant comme député, une affirmation que les seuls résultats de liste ne permettent pas de confirmer. La nuance n'est pas anodine : la distinction entre statut de suppléant et mandat effectif compte directement pour toute enquête sur les déclarations d'intérêts et les obligations de divulgation. Plusieurs zones d'ombre structurent désormais l'agenda de vérification. D'abord, savoir si l'interdiction ivoirienne a été appliquée, et selon quelles modalités, contre les structures locales portant le nom QNET. Ensuite, l'hypothèse que des entités de distributeurs aient été recréées sous d'autres dénominations sociales, ce qui compliquerait tout rapprochement entre la prohibition nominative et les opérations réelles sur le terrain. Enfin, il reste à savoir ce que révèlent les dépôts sociétaires, les registres de bénéficiaires effectifs et les décisions judiciaires sur le fonctionnement de ces réseaux pendant les périodes d'interdiction. Pour les régulateurs comme pour les formations politiques concernées, l'équation de la redevabilité tient en trois questions simples. Quels documents établissent qui détenait l'autorité ? Qui a bénéficié des flux financiers ? Comment une activité interdite a-t-elle été détectée, ou au contraire tolérée ? Les pièces pertinentes existent : avis du Trésor, synthèses d'affaires de l'EOCO, registres du commerce, fichiers de résultats électoraux. Leur croisement constituerait le premier test sérieux de l'effectivité des prohibitions prononcées depuis 2019 dans la sous-région. À ce jour, aucune publication ne documente l'exécution matérielle de la décision ivoirienne de juillet 2020. La charge de la preuve reste entre les mains des autorités compétentes, et le silence qui l'entoure en dit peut-être autant que n'importe quel communiqué officiel.